Géographie
Situation et limites
Le département de l'Ardèche correspond à l'ancien pays du Vivarais, division administrative du LANGUEDOC. Il présente des aspects très contrastés : compris entre 40 mètres d'altitude au confluent du Rhône et de la rivière Ardèche (Sud-Est du département) et 1 754 mètres au Mont Mézenc (Centre-Ouest), il est limité à l'Est par la vallée du Rhône sur une longueur de 140 km et à l'Ouest par les hauts-plateaux du Massif Central.
Ce versant oriental ardéchois du Massif Central est bordé par les départements de la Haute-Loire et de la Lozère. Aucun obstacle naturel ne sépare au Sud l'Ardèche et le Gard, et son extrémité Nord touche les départements de la Loire et de l'Isère. Toute la frange Est est contiguë avec la Drôme.
La plus grande largeur du département n'excède pas 75 km. Sa superficie de 555 000 hectares le place au 65e rang. Cette taille apparemment modeste cache des temps de parcours très importants pour se rendre d'un point à un autre du département, en raison du relief, de l'absence de voie rapide (cas unique en France), et des difficultés de circulation notamment en période hivernale.
Le chef-lieu Privas est par route distant de 589 km de Paris, 574 km de Strasbourg, 215 km de Marseille, 211 km d'Annecy, 162 km de Chambéry, 147 km de Nîmes, 140 km de Lyon, 135 km de Grenoble, 127 km de Saint-Etienne, 98 km du Puy-en-Velay et 39 km de Valence.
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Les différentes régions naturelles
On distingue en Ardèche 5 grandes régions naturelles :
la montagne
Bordure occidentale du département. Altitude moyenne 1 100 mètres. Constituée par les terrains granitiques du Velay Basaltique, du Massif du Mézenc, des Monts du Forez, recouverts en leur centre de coulées volcaniques d'où émergent des pitons et des sucs (Mézenc : 1 754 mètres ; Gerbier de Jonc : 1 551 mètres). Inclinée en pente douce vers l'Ouest, elle alimente les cours d'eau du versant atlantique. La Loire y prend naissance. A quelques kilomètres se trouve le lac volcanique d'Issarlès (92 ha, 5 km de tour, 108 m de profondeur). Le climat y est rude : neige pendant plusieurs mois, vents très violents soufflant en automne-hiver ("la burle"), brouillards fréquents dans les vallées, écarts de température très sensibles entre les saisons, pluies abondantes (1 500 mm/an en moyenne) fortement concentrées en septembre-octobre. |
les plateaux du Haut-Vivarais et des Cévennes
Zone de transition par laquelle on descend de la montagne (1 200 m) à la vallée du Rhône (300 à 400 m). Ce talus ou plateau d'altitude moyenne se présente sous l'aspect de crêtes verdoyantes élevées et étroites séparées par des gorges sauvages et infranchissables. Le réseau hydrographique y est torrentiel et les pluies se caractérisent par une fréquence importante des pluies d'été. Le climat est relativement moins rigoureux que celui de la montagne. |
le Bas-Vivarais
La rivière Ardèche se développe jusqu'au Rhône, suivant une pente générale Sud-Est. Cette région formée de calcaires ou de marnes présente des dépressions mollement ondulées au profil aigu. D'une altitude faible, le Bas-Vivarais jouit d'un climat chaud et sec presque méditerranéen. L'air y est lumineux, les températures élevées (+3 à +4° C en janvier). Les vents du Nord-Est sont dominants mais ceux du Sud (vent du midi) et de l'Ouest, chargés d'humidité, amènent des précipitations réparties sur un petit nombre de jours. Quelques rivières, Lavezon, Escoutay, Frayol, forment un réseau moins dense que dans le cristallin. C'est le pays de la vigne, de la garrigue, des céréales, des fruits en extension (régions d'Aubenas et de Joyeuse). |
le Plateau des Coirons
Nettement circonscrit au nord par les vallées de l'Ouvèze et de la Payre, au sud par la vallée de l'Escoutay, à l'Ouest par le Col de l'Escrinet et la dépression de Vesseaux, ce plateau de 800 m d'altitude environ, étale ses coulées de basalte sur une longueur de 18 km en direction du Rhône, atteignant au maximum 11 km de largeur. Climat assez rigoureux : la neige sans être épaisse est fréquente, les variations de températures accentuées du fait des vents forts qui soufflent. Le sol y est riche et fertile. Culture du blé, de l'orge et de la pomme de terre. Elevage des chevaux, des bovins. Sur les pentes, vigne et arbres fruitiers. |
la Vallée du Rhône
Le couloir rhodanien est très étroit sur la rive droite du fleuve qui coule presque au pied du rebord Vivarais, ne laissant qu'un liseré de petites plaines. Le vent violent du Bord (bise, Mistral) y est dominant. Température modérée par l'influence du Midi. Plaines très fertiles favorables aux arbres fruitiers (pêchers, abricotiers) aux primeurs et sur les pentes des coteaux la vigne domine. |
La carte des dominantes de production traduit clairement les 5 grandes régions naturelles de l'Ardèche dont "la vraie caractéristique est d'être une pente tournée vers la Méditerranée, s'ouvrant aux influences venues du Midi. Ces influences remontent le long des vallées jusqu'au seuil du Haut-Plateau qui lui résiste, ne se laissant pas pénétrer. Le Haut et le Bas sont donc opposés". « Telle est la personnalité ardéchoise » (A. SIEGFRIED). |
Hydrographie du département de l'Ardèche
La rencontre du "talus" cévenol avec les masses d'air humide de la Méditerranée crée un réseau hydrographique bien "méditerranéen" avec tout ce que ce caractère implique de désordre et d'irrégularité dans les débits.
Le versant atlantique est représenté en Ardèche, mais il ne détourne à son profit que la Loire et quelques affluents de l'allier (Masméjean, Expézonnette), tandis que le versant méditerranéen domine : on peut l'appeler "versant rhodanien" puisque la totalité des eaux est finalement reçue par le Rhône. Alors que cinq rivières, Cance, Ay, Doux, Eyrieux, Ouvèze, collectent les eaux de la partie Nord (zone de terrains cristallins), une seule, l'Ardèche, rassemble les cours d'eau de la partie Sud (zone de terrains sédimentaires).
Le caractère des pentes abruptes domine tout ce réseau hydrographique (chute de 1 000 à 1 200 m sur un trajet de quelques dizaines de km seulement). Ceci, joint au faible pouvoir de rétention des sols en général, explique l'interdépendance étroite du régime des eaux et de la pluviométrie : maximum automnal avec les pointes les plus dangereuses en septembre-octobre et second maximum en mars-avril ; étiage de juin à septembre avec un deuxième creux hivernal moins marqué (janvier- février). Les crues automnales des rivières ardéchoises, de type "cévenol", causent d'importants dégâts matériels et ont déjà fait des victimes |
Les principaux cours d'eau du département
La Cance est réputée pour la pureté de ses eaux issues de terrains cristallins, cela permet à la ville d'Annonay d'avoir d'excellentes papeteries et laveries de laines (industries qui exigent une très bonne qualité des eaux).
Le Doux aux brusques furies (été 1963) présente de redoutables convergences d'affluents (à Lamastre).
L'Eyrieux au débit également très inégal, relie St Martin de Valamas, Le Cheylard et La Voulte au confluent avec le Rhône.
L'Ardèche se caractérise aussi par de telles convergences vers VALS lorsqu'elle rassemble la Fontaulière, le Lignon et la Volane, et plus bas vers Vallon-Pont-d'Arc quand elle reçoit ses plus gros affluents : la Beaume et surtout le Chassezac.
Le tracé de ces cours d'eau, assez souvent en baïonnette, s'explique par une pente générale, vers le Sud-Est, entrecoupée souvent de failles NE-SW, et aussi par certaines hypothèses de captures. Ramené au km² de bassin versant, le débit moyen des cours d'eau ardéchois varie de 1 litre/s/km² à l'étiage à 10 litres/s/km² au moment des crues, ce qui est considérable. |
Les sources
Elles représentent bien sûr les disponibilités en eau potable. Un recensement permet de citer les chiffres suivants :
- Haut-Vivarais : 3 000 sources 1.200 l/s
- Arrondissement Privas-Largentière : 5 500 sources 500 l/s
les lacs et les étangs
Le seul lac naturel important est un ancien cratère : le lac d'Issarlès (altitude 1 000 m). Mais les lacs artificiels de barrages (La Palisse, Le Gage, Lafigère) permettent des aménagements hydroélectriques et parfois touristiques |
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