1ère partie
Histoire
De la Préhistoire à la période contemporaine, en passant par l'époque gallo-romaine, le Moyen-Age ou la Renaissance, l'Ardèche témoigne d'un riche passé.
Un passé marqué par les traces de grands hommes, ceux qui nous ont offert le fabuleux trésor de la grotte Chauvet, ceux qui ont fait avancer le progrès et tous les autres qui ont fait que l'Ardèche nous conduit aujourd'hui à travers un grand et beau voyage dans le temps.
La préhistoire
Les premières traces de l'homme (- 340 000 à - 90 000 ans av. J.C.)
Au Paléolithique inférieur, le premier âge de la pierre taillée, l'homo erectus se répand en Europe. La découverte de l'un de ses premiers habitats, près du village d'Orgnac témoigne de sa façon de vivre, il connaît le feu, fabrique des outils de silex et loge dans des grottes et abris naturels.
Paléolithique moyen (- 90 000 à environ - 30 000 av. J.C.)
Après l’Homo erectus vient l’homme de Neandertal (Paléolithique moyen). Les traces de son passage ont été remarquées le long de la vallée du Rhône (Châteaubourg, Soyons, Payre) et dans les abris naturels du Bas-Vivarais.
Paléolithique supérieur (- 40 000 / - 35 000 à - 9000 av. J.C.)
Au Paléolithique supérieur, son successeur, l’homme de Cro Magnon, trouve notamment refuge dans les gorges de l’Ardèche et le long de ses affluents comme Labeaume, le Chassezac, l’Ibie, ainsi que sur les rives du Rhône. Chasseur, cueilleur, ses modes de vie et ses cycles saisonniers sont rythmés par les passages des migrations d'animaux. L’homme de Cro Magnon est aussi un artiste, et nous laisse pour héritage principal de formidables peintures pariétales.
A la fin du Paléolithique supérieur, la période de l'Epipaléolithique est marquée par de nouveaux modes de vie dans un environnement modifié par le recul de l'influence glaciaire. L'expression artistique change, l'art animalier disparaît et laisse la place à des représentations schématiques.
Gravures et peintures
L’Ardèche possède sur son territoire des centaines de grottes et d’avens. De nombreuses gravures et peintures pariétales ont été retrouvées sur les parois de certaines cavités. Les grottes ornées les plus importantes étant celles de la grotte Chauvet, les grottes d'Ebbou, de la tête du lion...
Nos ancêtres représentaient la plupart du temps, des figures d’animaux, des signes, ainsi que différentes "compositions complexes" dont l'interprétation reste à faire, telle la Vénus au bison de la grotte Chauvet.
Le Mésolithique (- 9000 à - 5500 av. J.C.)
A partir de – 9 000 ans, le Mésolithique assure la transition dans un écosystème en profond bouleversement (climat de plus en plus tempéré, emprise de plus en plus forte de la forêt). Habiles chasseurs, archers hors-pairs, les hommes du Mésolithique doivent s'adapter à un gibier moins grégaire. Plus généralement, face à un environnement paradoxalement plus difficile, ils font preuve d'une très grande capacité d'adaptation.
Quelques sites témoignent de cette période, en Ardèche méridionale (La Baume d'Oulen à La Bastide–de-Virac, l'abri-sous-roche de Vernon à Saint-Remèze), mais aussi à Montpezat-sous-Bauzon.
Le Néolithique (- 5500 à - 2000 av. J.C.)
L’arrivée du Néolithique (-5 500 ans à – 2 000), est marquée par les premières communautés paysannes qui pratiquent l’agriculture et l’élevage. Elles s’installent dans le sud de l’Ardèche vers 5 600 ans avant notre ère. Ces premiers paysans occupent encore les grottes tout en construisant des habitats solides dans les plaines et bassins alluviaux du Rhône, de l’Ardèche et du Chassezac.
Monuments mégalithiques
A la fin de l’époque néolithique, avant qu’il n’apprenne à utiliser les métaux, l’homme élève, essentiellement dans le sud du département, de curieux monuments. L’Ardèche est un des départements qui comptent en effet le plus grand nombre de monuments mégalithiques en France (environ 600). Quelques-uns sous la forme de Menhirs (pierres dressées) et d’autres, beaucoup plus nombreux, sous la forme de Dolmens (énormes tables de pierre).
Le dolmen de Champvermeil à Bidon, classé monument historique, est l’un des plus grands spécimens ardéchois.
La protohistoire
L'âge des métaux (- 2000 à - 125 av. J.C.)
Les objets retrouvés en Ardèche dans les grottes de Peyroche et du Pontiar ont vraisemblablement été échangés ou importés du Massif Central et de l’Est de la France ; un trafic sans doute dû au manque d’étain observé dans le département. Avec le cuivre, l’étain est en effet indispensable à la fabrication du bronze.
Trois vases, comportant pour certains d’entre eux des parures en bronze, ont été retrouvés dans une grotte de Vallon-Pont-d’Arc, on parle du trésor du Déroc.
Les invasions successives des populations venues d'Europe du Nord (Celtes) et du Sud (Etrusques et Grecs) de l’Europe engendrent un important développement de la civilisation. Lieu de passage limitrophe du couloir rhodanien, l’Ardèche subit des influences diverses. Parmi les tribus gauloises, le peuple des Helviens va fortement marquer sa présence en Ardèche. Les Helviens semblent avoir occupé toute la partie méridionale du département, se partageant ainsi le territoire ardéchois avec les Ségauvellaunes, dont on retrouve des traces sur l’oppidum de Soyons, et les Allobroges.
L'Ardèche gallo-romaine (- 125 av. J.C. à 500)
A la suite de leur invasion réussie, les Romains constituent la Provincia romana ), qui couvre les pays compris entre les Alpes et le Rhône et qui s’étend jusqu’aux Pyrénées Orientales. Le pays des Helviens est compris dans cette « Province », qui constitue un prolongement de l’Italie. En reliant les péninsules italique et ibérique les romains renforcent ainsi leur domination sur la Méditerranée. Cette période est également marquée par un premier maillage des routes dont il reste de nombreux vestiges (ponts romains du Pouzin et de Viviers, bornes militaires,…). Le nom des Helviens disparaît, au profit de celui d’Alba, cité de droit latin, qui se développe à partir d’Auguste et connaît son apogée au IIème siècle aprés JC. En 325, Alba devient siège d’un évêché. C’est naturellement sur le site de la commune d’Alba, aujourd’hui Alba-la-Romaine, que se trouvent les vestiges romains les plus importants du département, puisqu’il s’agit d’une ville entière, abandonnée à partir du Vème siècle.
L'histoire
L'Ardèche du Moyen-Age (500 à 1500)
Après le passage des Wisigoths et des Burgondes, le Vivarais entre au VIème siècle dans la mouvance des royaumes francs, le siège de l’évêché ayant été transféré au Vème siècle d’Alba à Viviers. De nombreuses églises à vocation funéraire sont construites en-dehors des agglomérations telles que Saint-Saturnin -Notre Dame à Viviers.
Le moyen âge vivarois voit également s’épanouir un réseau monastique d’abbayes (Mazan, Les Chambons, Cruas,…) et de prieurés couvrant le pays de magnifiques églises romanes (Thines, Champagne,..). Campagnes et petites villes connaissent un bel essor et le pouvoir seigneurial s’affirme par de modestes tours ou des châteaux dominateurs (Aubenas, citée des Montlaur, Boulogne,..).
Le rôle de l’évêque de Viviers culmine au XIIème et XIIIème siècle. Véritable prince des lieux, l’évêque doit cependant faire face à de puissants barons comme les Montlaur, les Adhémar ou plus au Nord, les comtes du Valentinois.
Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Et vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Une unité administrative qui se trouve renforcée au XVème siècle par la création des Etats particuliers du Vivarais, alors placés sous la dépendance des Etats du Languedoc et qui vont perdurer jusqu’à la Révolution.
De la Renaissance aux guerres de religion (1500 à 1800)
La renaissance est particulièrement bouillonnante en Vivarais et s’exprime par des figures contradictoires et hautes en couleur : Noël Albert fait construire la splendide maison des Chevaliers à Viviers, le Cardinal François de Tournon fonde le collège de Tournon.
En 1562, les Etats du Vivarais sont dédoublés en Etats protestants et Etats catholiques et la même année éclate la première des huit Guerres de religion qui vont ensanglanter le pays.
En 1562, les Etats du Vivarais sont dédoublés en Etats protestants et Etats catholiques et la même année éclate la première des huit Guerres de religion qui vont ensanglanter le pays.
La naissance du département (1790)
Durant la Révolution, l’Ardèche est partagée entre le jacobinisme avancé, la chouannerie et l’attentisme prudent.
En mars 1790, l’Assemblée constituante divise la France en 83 départements, parmi eux l’Ardèche, dont les limites s’apparentent à l’ancien pays du Vivarais.
L’Ardèche du XIXème au XXème siècle
Le nouveau Département poursuit sa croissance économique et démographique jusqu’au Second Empire, atteignant des densités de population étonnantes même dans les régions les plus pentues. Au XIXème siècle, le développement des routes favorise les échanges commerciaux qui s’étendent jusqu’au Proche-Orient.
Cette prospérité s’effrite à la suite des crises de la pébrine (maladie du ver à soie), du phylloxéra (maladie de la vigne) et de la maladie de l’encre qui atteint les châtaigniers. Les modes de transports évoluent, le réseau de chemin de fer bouleverse les vieilles relations commerciales entre vallée du Rhône et Massif Central. Dès lors la population ne cesse de décroître jusqu’aux années 1960, au profit des grands centres urbains.
La vie rurale se transforme… le pays se vide !
Au XXème siècle, la polyculture régresse au profit de l’élevage bovin et caprin, les cultures de pêches et cerises s’étendent et le vignoble renaît dans la vallée du Rhône. L’industrie ardéchoise se transforme considérablement, des secteurs entiers, dans la tannerie et le moulinage, s’effondrent mais d’autres secteurs se maintiennent ou se développent dans les domaines traditionnels (industrie électro-nucléaire, agro-alimentaire, pharmaceutique). La reprise démographique s’amorce grâce à des apports extérieurs, mais les autorités doivent faire face à un défi redoutable : comment répondre à la désertification intense, la carte démographique juxtaposant une vallée du Rhône trépidante et de vastes espaces menacés par la friche ?
L’Ardèche bénéficie pourtant d’atouts qu’elle sait mettre en valeur : beauté des sites, originalité du patrimoine, qualité des produits… Aujourd’hui le tourisme est en pleine expansion. L’Ardèche accueille un million de vacanciers chaque année.
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Partie II
L'Ardèche et l'histoire de France
C'est par une brillante préhistoire que débute en Ardèche l'aventure humaine. Aucun gisement en Europe n'offre pour l'une des premières civilisations l'acheuléen (- 400 000 à - 200 000 ans) autant d'intérêt que celui d'ORGNAC où des recherches sont effectuées depuis plusieurs années. Les stations moustériennes (- 80 000 à - 20 000 ans), les grottes ornées (vers - 15000) sont nombreuses dans les vallées du Rhône et de l'Ardèche. Il convient de mentionner tout particulièrement la Grotte Chauvet, découverte le 24/12/1994 sur la commune de Vallon-Pont-d'Arc et dont certaines peintures seraient les plus vieilles du monde
(- 32 000). Quant aux dolmens (chalcolithique,IIIème millénaire), on en compterait plus de mille cinq cents.
Vers 700 avant J.C., le peuplement celte s'ajoute au peuplement néolithique. Ces gaulois, les Helviens, restent en toutes circonstances, depuis 121 av. J.C. des alliés fidèles de ROME. Sous Auguste, leur capitale, ALBA, se développe. Mais la vallée du Rhône est la grande voie de communication par où vont et viennent les hommes, les marchandises, les idées et les religions : celle de Mithra qui laisse un bas-relief à BOURG-SAINT-ANDEOL, et dès le début du IIème siècle, le christianisme. |
Les invasions barbares, au Vème siècle, sans doute, détruisent ALBA (des fouilles en cours laissent espérer que la capitale de L'HELVIE sera un jour une nouvelle VAISON-la-ROMAINE. Les Evêques, seul pouvoir réel, s'établissent alors à VIVIERS, situé à quelques kilomètres (siège de l'actuel évêché). De 855 à 1308, le Vivarais appartient au moins nominalement au Saint Empire Romain Germanique. Mais depuis la fin du XIIème siècle, les Rois de France, s'appuyant sur les abbayes et sur certains seigneurs, étendent leur influence. Philippe le Hardis fonde en 1284, en pariage avec l'Abbé cistercien de Mazan, VILLENEUVE-de-BERG. Ainsi, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys remplace l'aigle germanique.
Si la guerre de Cent ans affecte peu le pays, au milieu du XVIème siècle s'ouvre une période tragique de troubles religieux qui durera plus de deux cents ans. Les idées de Luther et de Calvin se propagent à partir de 1528. Les pays Rhodaniens sont très vite gagnés par la Réforme venant de LYON et de GENEVE. Des prêtres convertis prêchent le protestantisme dans les Cévennes, le Bas-Vivarais (région de Privas), Annonay, en dépit de la répression exercée par le Parlement de Toulouse contre "l'hérésie". |
Les artisans des bourgs propagent les idées calvinistes qui correspondent à leur souhait d'émancipation, relayés par des personnages puissants comme le comte de CRUSSOL et Olivier de SERRES. De 1562 à 1595, huit guerres civiles ensanglantent le Vivarais. Et cependant au milieu de ces luttes auxquelles il participe, Olivier de SERRES poursuit ses expériences d'agronomie et bâtit son oeuvre.
En 1598, l'Edit de Nantes n'apporte qu'un apaisement temporaire. La révolte de ROHAN dans les Cévennes se termine, en mai 1629, par la quasi-destruction de PRIVAS que Louis XIII et RICHELIEU sont venus réduire (voir paragraphe sur la prise de PRIVAS). Un cinquième environ des protestants émigre. Les autres, terriens fortement enracinés dans leur sol, résistent sur place aux troupes royales : ce sont les "Camisards". La révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV en 1685 va faire resurgir le spectre des guerres du siècle précédent. Face au soulèvement camisard (1704-1709) dans les Cévennes et le massif des Boutières, Louis XIV va lancer ses régiments de Dragons pour y exercer une répression sanglante : pasteurs pendus, fidèles envoyés aux galères. Ces "dragonnades" vont provoquer le départ de 500 000 protestants, principalement vers la Suisse.
Malgré cette situation douloureuse, le XVIIIème siècle est une période durant laquelle le pays s'organise et connaît une certaine prospérité. Au plan religieux, l'Edit de Tolérance pris par Louis XVI permet au protestantisme de revivre dans le Vivarais. D'autre part, une institution y joue un grand rôle : les Etats du Vivarais.
Cette assemblée, composée de dix barons et de représentants des villes, doit traiter, avant toute chose, de questions fiscales. Mais elle travaille aussi sans relâche au développement de l'agriculture, de l'industrie, à la création d'un véritable réseau routier. La production de vers à soie augmente grâce à la plantation de nombreux mûriers. Le long des cours d'eau, on installe filatures et moulinages (ateliers où l'on réunit par torsion plusieurs fils de soie).
ANNONAY voit croître ses industries de la mégisserie et de la papeterie. On exploite aussi de petits gisements de houille et de plomb argentifère.
Cette vie économique est à l'image de la société. Quelques grandes familles seulement, ROHAN-SOUBISE, VOGÜE, possèdent d'importantes fortunes foncières. La petite noblesse, le Bas Clergé, la bourgeoisie vivent avec une grande simplicité. Proches d'eux, les paysans connaissent une vie encore plus rude. Les exploitations sont peu étendues, très souvent étagées le long des pentes et il faut encore monter les engrais et descendre les récoltes à dos d'homme. Mais les pires difficultés ne rebutent personne et chacun s'efforce de les résoudre par un travail opiniâtre.
En 1789, presque tous les Vivarois désirent des réformes, plus de liberté, plus de justice mais non une révolution. Chez beaucoup, la fidélité à la foi catholique demeure intacte. Aussi, des adversaires des idées nouvelles peuvent-ils se rassembler en armes à Jalès, dans le sud du pays, en août 1790, juin 1791 et enfin juillet 1792. Des nobles, des prêtres, des religieuses sont massacrés ou guillotinés, notamment à PRIVAS en 1794. Sous le directoire, des bandes de chouans s'abritent dans les Cévennes et la Montagne. Ils enlèvent les caisses publiques et abattent certains acquéreurs de biens confisqués aux émigrés.
L'Empire est bien accueilli, surtout parce qu'il rétablit l'ordre et la paix intérieure.
La première moitié du XIXème siècle sera pour l'Ardèche une période faste. Le nombre des habitants s'élève à 273 000 en 1793 et 388 000 en 1861. (Depuis, il n'a pas cessé de décroître jusqu'en 1962 où il atteint 248 000 pour remonter ensuite à 257 000 en 1975). Jusqu'en 1855, l'élevage des vers à soie constitue, plus que jamais, une source de grands profits. Mais après cette date, les maladies des vers et la concurrence des soies d'Extrême Orient rendent cette activité peu rentable. En revanche, le moulinage des soies importées qui emploie de nombreuses femmes et jeunes filles issues de milieux ruraux, apporte aux familles paysannes un numéraire toujours apprécié. La région de PRIVAS connaît,jusqu'en 1869, l'activité propre aux régions minières : cette année-là, on extrait 260 000 tonnes de minerais de fer, soit 9,5 % de la production totale de la France. Au POUZIN, à LA VOULTE-sur-RHONE, six hauts fourneaux sont à feu. Mais les lentilles de minerais s'épuisent assez vite. Les derniers hauts fourneaux s'éteignent au POUZIN en 1929. Une troisième crise atteint le pays à la fin du XIXème siècle : celle de la vigne que ruine le phylloxéra, surtout entre 1870 et 1880.
Il ne faut donc pas s'étonner de voir la population diminuer sans cesse. Pourtant, les Ardéchois n'ont rien perdu de leur courage et de leur ténacité. Ils le prouvent au combat en novembre 1870 alors qu'ils chassent les Prussiens de Vernon (Eure), de 1914 à 1918, quand ils perdent plus de douze mille des leurs, en 1943 et 1944 quand, sur leur sol, ils s'opposent à l'occupant et entravent sa retraite.
L'après-guerre efface ces souffrances et le Vivarais repart de l'avant, développant les cultures fruitières, la production du vin, l'élevage du mouton. Les industries extractives -chaux et ciments-kieselghur, plomb connaissent une grande activité. La vallée du Rhône devient, peu à peu, une "rue industrielle" qui ne souffre pas du dépeuplement.
L'évolution enregistrée au cours des 25 dernières années, retracée dans le chapitre relatif à l'économie, a profondément infléchi ces tendances. En ce qui concerne la démographie, on observe un départ des jeunes vers les agglomérations urbaines et un vieillissement de la population, notamment au sein des zones déshéritées du Plateau Ardéchois. En ce qui concerne les activités et l'emploi, on constate un déclin des activités traditionnelles marqué en 1974 par la crise qui a affecté le secteur textile en général et le moulinage en particulier : difficultés de l'emploi résultant tout à la fois de données structurelles (vieillissement de l'appareil de production) et conjoncturelles, crise de 1974, concurrence des pays en voie de développement.
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Privas et la Réforme protestante
Surnommée le "boulevard de la Réforme", la ville de Privas fut un des hauts lieux des querelles entre protestants et catholiques. La réforme calviniste y fut introduite en 1534 par Jacques VALERY et connut un écho important auprès des habitants de la région.
A la suite de l'Edit de Nantes (1598), Privas devint l'une des places fortes concédées aux protestants par Henri IV.
Deux événements du XVIIème siècle marquèrent particulièrement l'histoire de la ville : le siège de Privas et la "revanche des privadois".
L'épisode de la prise de Privas est né d'une intrigue familiale. En effet, Paule de CHAMBAUD, huguenote et fille du baron de Privas, avait le choix entre deux maris, l'un huguenot comme elle, l'autre beaucoup plus jeune et catholique. Elle finit par choisir le "jeune Claude de LESTRANGE", catholique, pour époux. Or les privadois, majoritairement protestants, refusèrent d'avoir à se soumettre à un seigneur catholique et se soulevèrent en 1629. Richelieu et Louis XIII ayant établi leur quartier général respectivement à l'Est et au Sud de Privas, assiégèrent la ville avec 20 000 soldats royaux dépêchés pour venir en aide au vicomte de LESTRANGE.
A l'issue de 16 jours de siège, au cours duquel les privadois résistèrent avec courage à l'armée royale, ceux-ci furent contraints de se rendre. Bon nombre d'entre eux furent alors massacrés sans merci.
Quelques années plus tard, en 1632, à la suite d'une sombre affaire de Cour à laquelle il était mêlé, le vicomte Claude de LESTRANGE fut, à la demande du Roi, fouetté publiquement puis exécuté à Pont-Saint-Esprit. Les privadois purent assister à cette humiliation en mémoire de laquelle un pont sur l'Ouvèze fut construit. Cet épisode scella la réconciliation des privadois avec le pouvoir royal. |
Quelques hommes importants
Olivier de SERRES (1539-1619), gentilhomme né à Villeneuve-de-Berg, huguenot, agronome et père de l'agriculture française. Dans un rapport à Henri IV intitulé "L'art de la cueillette de la soie", il préconisa l'extension de la culture de la soie à l'ensemble du domaine royal à une époque où celle-ci était très localisée. A la suite de ce rapport, Henri IV fit planter 20 000 mûriers aux Tuileries et la culture de la soie fut étendue sur la moitié de la France. Dans son volumineux traité "Le théâtre d'agriculture et le mesnage des champs", il y expose de nombreuses techniques qui constitueront le fondement de l'agriculture moderne (labours profonds, utilisation d'engrais, système de friches…).
Les VOGÜE (dont étaient issus les comtes d'AUBENAS) et la branche SOUBISE des ROHAN furent associés étroitement à l'histoire du Vivarais du XVI-XVIIème siècle (cf. révolte de ROHAN dans les Cévennes en 1629) au XIXème siècle (où les Vogüe continuent de posséder des terres et des activités industrielles sur la majeure partie du Vivarais).
Les DURAND famille de paysans vivarois originaires du Bouchet-de-Pranles, sont le symbole de la résistance camisarde du début du XVIIIème siècle face à l'armée royale. En effet, Marie DURAND fut enfermée pendant 38 ans à la tour de Constance à Aigues-Mortes, et son frère le pasteur Pierre DURAND pendu à Montpellier en 1732, sans jamais renier leur protestantisme. "Register" : tel est le mot que Marie DURAND aurait écrit, dans sa prison, sur la margelle d'un puits.
Le Cardinal de BERNIS (1715-1794), né à Saint-Marcel d'Ardèche, eut une carrière exceptionnellement brillante et variée : grand diplomate (Ambassadeur à Venise à 32 ans, négociateur du traité de paix à l'issue de la guerre de succession d'Espagne), Ministre d'Etat à 38 ans, sa carrière d'homme d'Eglise fut consacrée lorsqu'il devint Cardinal, à 43 ans.
BOISSY d'ANGLAS (1756-1826), né à Saint-Jean-Chambre, avocat protestant, représentant du tiers-Etat vivarois aux Etats généraux, ancien conventionnel, et poète. |
La famille MONTGOLFIER, installée à Annonay à la fin du XVIIème siècle, a développé très vite son pouvoir économique en fondant, en association avec la famille de CANSON, les papeteries CANSON-MONTGOLFIER. Les frères MONTGOLFIER se sont quant à eux rendus célèbres par l'invention de l'aérostat en 1783.
Marc SEGUIN, originaire d'Annonay, scientifique de renom, inventa le système de propulsion à vapeur qui fut utilisé dès le XIXème siècle notamment pour les locomotives (chaudières tubulaires), ainsi que le système des ponts suspendus.
Vincent d'INDY(1851-1931), artiste contemporain, compositeur attaché à la musique populaire, issu d'une vieille famille du Haut-Vivarais. |
Géographie
La commune de Rosières (1 629 ha) se situe dans l'Ardèche méridionale à la périphérie du Parc Naturel régional des Monts d'Ardèche, à une altitude de 160 m sur la vallée de la Beaume, à la rencontre de deux zones géologiques :
- d'un côté calcaire avec une végétation provençale (terrains de garrigues ; chênes, buis, lavande…)
- de l'autre côté de grès, premier contrefort des cévennes.
Entre les deux, une plaine où se cultivent vignes, arbres fruitiers et culture maraîchères. Ce village bénéficie d'un climat méditerranéen. A vingt minutes au sud d'Aubenas sur la route d'Alès, à cent kilomètres des villes comme Le Puy en Velay, Avignon, Valence, Montpellier et Mende, Rosières se situe aux portes de la Provence.
Economie
De part le passé la commune de Rosières vivait essentiellement de l'agriculture, en témoignent les nombreux aménagements en terrasse (faïsses) des cultures. Ces terrasses, nombreuses aux environs du hameau de Balbiac, hébergent aujourd'hui la culture de la vigne. Ces terrasses produisent des vins de qualité (cave coopérative La Cévenole): Gamay, Viognier, Cuvée des Ducs de Joyeuse…
Le village vit aujourd'hui essentiellement du tourisme et de ses retombées directes et indirectes. La population est ainsi multipliée par 5 en période estivale. Cet accroissement de la population est permis par les nombreux gîtes et campings de la commune.
Histoire
- 1790 : Haut-Balbiac détaché de Rosières.
- 1799 : Rosières devient Bas-Balbiac.
- 1825 : Bas-Balbiac devient Rosières et Haut-Balbiac rattaché à Rosières.
Le village tirerait son nom des fleurs des rosiers que les sarrasins auraient cultivé ici.
"Dés que les Francs furent maîtres du pays, ils ne trouvèrent pas de nom plus approprié au lieu ou ils venaient de remporter une signalée victoire, que celui de Rosières, en mémoire des champs de rosiers cultivés par les arabes dans les plaines de Rosières et de Laurac . La tradition ajoute que sur le territoire de Rosières, au lieu nommé anciennement Campus Regi et aujourd’hui en patois, « lou chan de regi » ( le champ ou le camp du roi) (1)un combat décisif aurait été livré et que l’armée ennemie aurait été taillée en pièce, mise en déroute et poursuivie au-delà de la rivière, en un lieu qui fut depuis appelé Joyeuse, du nom de l’épée de Charlemagne.(2)
On a trouvé, nous a-t-on dit dans notre jeunesse, en labourant le campus regi, de nombreux débris d’armures, fers de lances et piques ,malheureusement perdus. Il n’est pas impossible que Charlemagne ou son père Pépin le bref et moins probablement son grand père Charles Martel eussent pourchassé les sarrasins à Rosières.
Il est notoire que Charles Martel mit en déroute les sarrasins en l’an 732 à la bataille de Poitiers et les refoula dans le midi, mais jusqu’ou ? probablement pas jusqu’à Rosières, car l’histoire nous apprend que sa présence était urgente en Bourgogne.
Nous savons que , plus tard, il revint dans le midi, à Avignon ,Marseille et Nîmes, mais rien ne prouve qu’il vint dans nos contrées, sans doute encore occupées par les sarrasins. .Ce qu’il y a de certain , c’est que ceux ci, après la déroute de Poitiers resteront encore quelques années
possesseurs de la Septimanie, mais est ce Charles Martel ou son fils Pepin le Bref qui les expulsèrent définitivement ?(1)
Nous pensons que ce fut ce dernier qui conquit la Septimanie et qui étendit son royaume jusqu’aux Pyrénées vers l’an 750.
Mais il n’y a rien de surprenant à ce que la tradition ait attribué à Charles Martel la victoire de son fils à Charles Martel la victoire de son fils à Rosières, car le souvenir de Charles devait être plus vivace et plus frappant , comme ayant porté les premiers coups aux musulmans et sauvé la France de l’islamisme .
Quant à Charlemagne, il n’est pas possible de lui attribuer cette victoire, les sarrasins étant expulsés à son avènement.
Mais il n’est pas impossible qu’il soit passé à Joyeuse, la tradition prétendant que ce fut lui qui donna le nom de son épée à cette ville ;Cette présomption est même vraisemblable.
(1) La Septimanie comprenait nos départements des Pyrénées Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et vraisemblablement le midi de L’Ardèche.
(2) Ce fut le Pape Léon III qui proclama Charlemagne Empereur en l’an 8OO.Il lui ceignit
l’épée appelée par cette raison l’épée de St Pierre, mais généralement on la nomma la Joyeuse, Charlemagne disait : » je scelle les traités avec le pommeau de mon épée et les fais exécuter avec la pointe » "
in: "Annales de Rosières par le Vicomte de Montravel"
Administration
| Liste des maires successifs |
| Période |
Identité |
Parti |
Qualité |
| mars 2001 |
mars 2008 |
Jacques Guilhaumon |
divers droite |
|
| mars 2008 |
|
Gérard Martin[1] |
|
|
| Toutes les données ne sont pas encore connues. |
Démographie
Lieux et monuments
Hameau et église romane de Balbiac.
Cultures en terasses (Faysses) des environs de Balbiac.
Magnifiques gorges calcaires de La Beaume en partie avale de la commune.
Personnalités liées à la commune
- François André, homme d'affaires,fondateur des casinos de Cannes et Deauville oncle de :
- Lucien Barrière, homme d'affaires, patron d'hôtels de luxe et de casinos.
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